HISTOIRE

220px-Fotso

L’histoire récente du peuple Bandjoun est aujourd’hui relativement bien connue. Mais cette histoire récente ne porte que sur les deux derniers siècles. La nécessité de conduire des recherches plus approfondies sur la préhistoire du village Bandjoun est plus qu’impérieuse de nos jours. En effet, certaines chronologies existantes font remonter la fondation du village Bandjoun au XIVe ou XVe siècles sous la royale magistrature de Notchwegom (1525 selon certaines sources, mais vraisemblablement en 1570).

Ayant installé le premier campement qui servira de tête de pont à l’expansion Bandjoun, il disparaît alors même qu’il est encore très jeune. Sa première épouse avec qui il avait déjà eu un jeune fils à peine adolescent (11 ans selon certains) va solliciter la protection de son beau-père en attendant que son fils Du’gnechom soit en âge de succéder à son père. C’est ainsi que le Roi Baleng aurait profité de l’occasion pour se réconcilier de manière posthume avec son fils en apportant tout son soutien à sa belle-fille et en initiant son petit-fils à l’art d’édifier un pouvoir royal.

Du’gnechom à son tour, une fois devenu jeune adulte devient chef du campement installé par son père à Famleng et développe rapidement des qualités de grand chasseur et de meneur d’hommes. Il épouse ensuite une jeune promise que sa mère avait préparée pour lui, laquelle lui donne, assez rapidement un fils qu’ils baptiseront du nom de Notouom. Ayant pris des dispositions pour agrandir son armée et développer des prétentions hégémoniques, il instruit son fils sur ses intentions et l’initie aux stratégies guerrières. Malheureusement, il disparaît tragiquement, probablement en 1589 alors que son fils Notouom n’a que 19 ans. Ce dernier sera le véritable premier Roi de Bandjoun car à la mort de son père, il aura à cœur de réaliser ses objectifs et d’agrandir le village Bandjoun.

A 20 km de Bafoussam, sur la route de Bagangté, se trouve la chefferie de Bandjoun. Des chemins sinueux, bordés de clôtures enfermant des bananiers, mènent à une succession de cases traditionnelles, bien alignées et soutenues par des piliers de bois sculpté, sorte de colonnades autour de l’habitat qui mérite d’être détaillée.

Chefferie Bandjoun

Les façades sont faites de bambous patiemment liés avec des fibres végétales; certaines sont ornées de motifs géométriques. Les portes, encadrées de panneaux sculptés, sont surélevées à 50 cm du sol pour que les eaux d’écoulement et les animaux ne les franchissent pas. L’ensemble est surmonté d’un lourd toit conique suffisamment épais pour ne pas laisser filtrer les gouttes de pluie.

L’extérieur de la case tend à changer de plus en plus, malgré la volonté de certains notables Bamilékés qui essayent de conserver l’ancienne architecture locale. Le toit de chaume est remplacé par un toit de tôle ondulée et les rideaux en bambou ne couvrent plus les façades. Par contre, l’intérieur des cases reste partout le même. Le foyer est au centre de la grande pièce; trois pierres suffisent à supporter les marmites. Tout le mobilier est en bambou; telle l’échelle pour grimper au grenier où est stockée la réserve de maïs, d’arachides et de bois, également les étagères pour ranger les ustensiles ménagers, les lits et même les tabourets.

La chefferie contient aussi un musée où l’on trouve les accessoires des anciens chefs, le patrimoine de la famille, mais aussi un bâtiment moderne qui sert de salle de fêtes, de salle de réunion…